Bridge of Spies

Bridge of Spies

Décidément, 2015 est l’année des espions. Et cette fois-ci, c’est Monsieur Steven Spielberg en personne qui s’y colle. Nous sommes en 1957, en pleine guerre froide entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique et la peur d’attaques nucléaires est bien réelle. Dans ce climat tendu, un homme est arrêté à Brooklyn (New York) car on le soupçonne d’être un espion soviétique. Même si tout le monde semble convaincu de son crime, cet homme bénéficie néanmoins d’un procès. Mais qui pourra et osera le représenter ? On confie cette tâche à Jim Donovan, un avocat new yorkais spécialisé dans les assurances. Donovan prendra cette affaire très au sérieux mais elle ne sera pas sans conséquence pour lui, le cabinet pour lequel il travaille ou encore sa famille. Comment venir en aide à un homme devenu l’ennemi n°1 de tout un pays ? Est-ce que l’homme passe avant le devoir envers son pays ?

Ne vous attendez pas à voir un film à la James Bond. Même si on parle d’espion, Bridge of Spies ressemble davantage à une très longue négociation qui devra déterminer le destin de plusieurs hommes, et peut-être même de leurs pays respectifs. Sans trop en révéler, la deuxième partie se déroule dans la ville de Berlin complètement déchirée – on vient de terminer la construction du mur. Ce décor nous transporte dans une atmosphère paranoïaque dans laquelle chaque parti va user de bluff et de ruse pour tenter de déjouer l’autre. La reconstitution soignée des années 1950-1960 et la photographie entre jeux d’ombre et de lumière participent notamment à renforcer cette ambiance. On pourrait cependant reprocher au film d’être parfois un peu trop bavard, surtout lorsqu’on voit ce que Spielberg est capable de faire avec des scènes d’action (l’avion !), et également un peu trop long (2h20). De même, on assiste à une belle mise en scène mais très classique, très formatée ; on sent que la saison des cérémonies approche à grands pas. Mais le réalisateur reste un maître incontesté dans l’art du storytelling. On suit cette histoire avec passion et on apprécie les touches d’humour joliment amenées (« – Aren’t you worried ? – Would it help ? »).

Spielberg derrière la caméra, les frères Cohen au scénario, l’association est encore sublimée lorsqu’un autre monstre sacré rejoint les rangs : Tom Hanks qui incarne toujours aussi incroyablement bien l’Américain parfait. C’est à chaque fois un vrai plaisir de le voir jouer. A noter aussi la bonne performance de Mark Rylance – l’espion – totalement impassible et presque naïf. Les rumeurs d’Oscars du meilleur second rôle vont de bon train et il est bien parti pour recevoir une statuette.

Inspiré de faits réels, Bridge of Spies nous montre comment un homme ordinaire se retrouve bien malgré lui dans une situation extraordinaire. Cet homme, qui croit dur comme fer aux valeurs de l’être humain, nous permet d’assister à une belle preuve d’humanité et honnêtement, dans le contexte actuel, ça fait du bien d’en être témoin.

+ : une histoire passionnante, une bonne mise en scène et un Tom Hanks au sommet de son art

 : un peu trop bavard et un peu trop long

LA scène : la scène sur le pont

Note : 4 / 5

 

 

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