Moonlight

Moonlight évoque le parcours de Chiron, un Afro-Américain vivant à Miami, à trois moments-clés de sa vie : son enfance où il rencontre un dealer qui prend peu à peu la place de la figure paternelle face à sa mère junkie, son adolescence où il découvre ses premières émotions sexuelles et finalement, l’âge adulte où il parait totalement transformé.

Et c’est bien là l’une des forces du film : le choix de ne s’intéresser qu’à ces trois instants, tous forts émotionnellement pour Chiron. Il n’en faut au final que très peu pour voir comment ce personnage évolue au fil des années (ceci rappelle un peu la manière dont Steve Jobs était construit). De même, les personnes importantes autour de lui ont également droit à leur évolution et leur présence ou leur absence permettent de comprendre comment Chiron grandit et s’affirme.

A la différence d’un film comme Boyhood où le tournage s’était déroulé sur plus de douze ans afin de voir l’acteur principal grandir sous nos yeux, le réalisateur Barry Jenkins a préféré faire appel à trois acteurs différents pour incarner Chiron enfant (Alex R. Hibbert), adolescent (Ashton Sanders) et adulte (Trevante Rhodes). Même si leur ressemblance physique n’est pas parfaite (le Chiron adulte est surtout très différent des plus jeunes), les trois acteurs ont la même attitude. Mais ce sont surtout les seconds rôles qui marquent le spectateur. Mahershala Ali, qui incarne le dealer, impose par sa présence (l’acteur a d’ailleurs reçu l’Oscar du meilleur second rôle) et Naomie Harris est impressionnante en mère junkie qui délaisse son fils.

Mais est-ce que tout cela est suffisant pour décrocher l’Oscar du meilleur film ? Les votants de l’Académie le pensent. Alors oui, ce n’est pas vraiment une surprise qu’un film sur un Afro-Américain gay remporte l’ultime statuette après les nombreuses critiques de l’année passée qui reprochaient aux Oscars d’être trop blancs. Néanmoins, Moonlight n’est pas exempt de quelques défauts. Tout d’abord sa longueur. Chaque partie dure presque 45 minutes et la dernière, dans le diner, semble interminable. Chiron n’étant pas un personnage qui s’exprime beaucoup, on trouve quelques scènes assez lentes et contemplatives. D’autres, heureusement, sont plus belles et mieux écrites (la scène sur la plage notamment). Le fait qu’on se trouve face à un film indépendant signifie caméra à l’épaule, il ne faut donc pas s’étonner d’avoir des images qui tremblent un peu ainsi que des effets de style pas franchement nécessaires (à moins bien sûr qu’ils ne soient présents que pour montrer l’instabilité de l’enfant). La dernière partie est plus posée et moins excentrique mais le rythme en pâlit.

En bref, Moonlight ne décrochera pas l’Oscar du meilleur film pour moi mais il mérite le coup d’œil pour son choix de narration.

 

+ : le portrait en 3 étapes

 : long, effets de style un peu trop poussés

LA scène : celle sur la plage au clair de lune

  • Note : 3 / 5

 

 

 

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