Loving Vincent

A l’heure des films d’animations 3D générés par des ordinateurs, Loving Vincent est un véritable ovni : il s’agit en effet du premier film d’animation entièrement peint à la main. Le projet, né de la réalisatrice polonaise Dorota Kobiela et du réalisateur britannique Hugh Welchman, s’inspire de 120 toiles du peintre néerlandais Vincent Van Gogh qui ont servi de base à un récit d’1h34. Il aura fallu plus de 65’000 plans peints à la main par environ 125 artistes pour réaliser ce long-métrage : les chiffres donnent le tournis !

L’histoire se situe en 1891, à Paris, après la mort de Van Gogh : le facteur Roulin demande à son fils Armand de remettre une lettre à Theo Van Gogh, le frère du peintre. Armand apprend que ce dernier est décédé, quelques mois seulement après Vincent. Il décide alors de se rendre à Auvers-sur-Oise, sur les dernières traces du peintre, pour tenter de percer à jour le mystère de sa mort…

Si la forme est absolument impressionnante, on ne peut malheureusement pas en dire autant de l’intrigue, point faible du film. Les conversations qu’Armand a avec les différents personnages ayant connu Vincent tournent un peu en rond. Son enquête progresse doucement, puisque les versions des personnages ne coïncident pas toujours (mais on est loin d’un thriller ou d’un who-done-it). Et l’émotion manque également au rendez-vous.  Il aurait peut-être fallu complexifier l’histoire ou alors passer à un court, voire à un moyen métrage.

Mais si l’histoire avance aussi lentement, c’est en partie à cause de la forme et de la difficulté liée à l’animation d’une peinture, cette dernière étant, à la base, un objet fixe. Les créateurs ont pour cela fait appel à des acteurs, dont les traits sont tout à fait reconnaissables, avec lesquels ils ont tourné les scènes avant de les reproduire en peinture. D’ailleurs, les acteurs (parmi les plus connus, citons Douglas Booth, Jerome Flynn, Saoirse Ronan, Helen McCrory, Eleanor Tomlinson ou encore Aidan Turner) ont été choisis selon leur ressemblance avec les personnages figurant dans des tableaux de Van Gogh – certaines sont tout simplement frappantes (vous pouvez les voir sur le site officiel du film).

Quant aux images, elles sont divisées en deux catégories. Le présent est raconté avec des couleurs vives : les traits du pinceau sont visibles, parfois grossiers, on est très proche du style du peintre (si vous avez « La Nuit Etoilée » en tête, ça vous donne une idée). Mais il faut s’habituer au mouvement des traits (on est loin des films d’animation grand public). Les flashbacks, eux, sont peints en noir et blanc dans une image qui se rapproche de la photographie. Personnellement, j’ai été plus touchée par ce style, les images étant bien composées et bien éclairées, nous offrant alors de belles scènes.

Prouesse technique indéniable, la création du film est presque plus intéressante que le film en lui-même, ce qui est dommage ! Mais au final, même si l’intrigue est loin d’être mémorable, le film rend au moins un bel hommage à Van Gogh.

 

+ : la prouesse technique

– : la lenteur de l’intrigue

LA scène : le flashback de Vincent sur son lit de mort

  • Note : 3 / 5

 

 

4 commentaires

  1. Je suis d’accord avec la lenteur de l’intrigue. La thématique du film est tellement « vendeur » . C’est ça s’endormir sur ses lauriers. Perso; j’y suis allée plus pour voir justement la prouesse technique. Voir ce que ça donne les tableaux de Van Gogh au cinéma.

    Aimé par 2 personnes

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