Molly’s Game

Molly’s Game raconte l’histoire vraie de l’américaine Molly Bloom, qui a organisé des parties de poker clandestines aux Etats-Unis dans les années 2000. Sportive de haut niveau, elle s’est reconvertie dans ce business après une blessure l’ayant empêchée de poursuivre une carrière olympique. Surdouée, elle se fait rapidement un nom dans le milieu du poker en réunissant chaque semaine des stars hollywoodiennes, des millionnaires et des grands sportifs autour de sa table. Mais le FBI et la mafia russe ne sont pas prêts à la laisser continuer pour très longtemps…

Molly’s Game est la première réalisation du très talentueux scénariste Aaron Sorkin à qui on doit les scripts de The Social Network ou de Steve Jobs. Conforme à son style, Sorkin nous livre un film ultra-bavard qui va à une vitesse folle (je ne sais pas s’il y a 10 secondes de silence à la suite). Il opte aussi pour une narration non linéaire, soutenue par une voix-off omniprésente, qui permet de bien rythmer les moments présents avec les flashbacks racontant l’histoire de Molly, ce qui s’avère être au final beaucoup plus intéressant qu’un énième biopic racontant la vie d’une personne de A à Z.

Sorkin choisit également de mettre à nouveau en avant un personnage fort (comme c’était le cas avec Mark Zuckerberg ou Steve Jobs) en la personne de Molly Bloom : une femme de pouvoir qui a la main sur des hommes influents. Intelligente et sachant parfaitement cacher son jeu (!), elle est impeccablement interprétée par Jessica Chastain, sublime d’un bout à l’autre, qui fait preuve de sang-froid et qui ne baisse sa garde qu’à de rares occasions, comme en témoignent les échanges corsés qu’elle a avec son avocat (joué par Idris Elba). Son rôle rappelle un peu celui qu’elle avait dans Miss Sloane (que je vous recommande, j’en avais parlé ici), où elle incarnait déjà une femme forte qui dominait son entourage. Face à elle se trouvent des seconds rôles aux performances plus discrètes (à part peut-être les rôles de Kevin Coster et Idris Elba), mais tout à fait correctes.

S’il est très bien écrit, le scénario ne réserve en revanche aucune véritable surprise puisqu’il nous présente une success story dont l’issue paraissait inévitable. Pour sa première fois derrière la caméra, Sorkin s’en sort bien, même si sa réalisation aurait mérité un travail plus minutieux dans certains cadrages et avec certaines lumières. Finalement, même si le rythme est globalement soutenu, on remarque quelques baisses de tension dans le dernier tiers, la durée du film étant quand même de 2h20.

Molly’s Game est donc une nouvelle preuve du talent d’écriture d’Aaron Sorkin (et encore, je l’ai vu en VF) qui livre un bon premier film : exigeant, certes, mais totalement captivant et qui permet à Jessica Chastain de briller pendant 2h20.

 

+ : l’écriture de Sorkin et l’interprétation de Jessica Chastain

 : réalisation et longueur générale

LA scène : lorsque la mafia russe débarque chez elle

  • Note : 3,75 / 5

 

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