Mary Magdalene

Deux ans après Lion, le réalisateur australien Garth Davis s’attaque au personnage biblique de Marie Madeleine. Loin de la présenter comme une prostituée (faussée idée relayée pendant de longs siècles), le long-métrage dresse le portrait d’une femme qui ne trouve pas vraiment sa place au sein de sa famille. Après sa rencontre avec un guérisseur qui n’est autre que Jésus, Marie va quitter les siens et rejoindre les apôtres chargés de transmettre l’enseignement du fils de Dieu. Mais malheureusement, à partir de ce moment, le film se transforme en un fade récit sur la fin de vie de Jésus. Le rôle de Marie n’est que brièvement exploité, ce qui nous force à nous poser cette question : pourquoi avoir fait un film sur elle si c’est pour en faire un personnage aussi transparent ? Certes, son arrivée parmi les apôtres va en déranger certains mais ce problème sera très vite résolu. Et oui, il y a encore une scène où le fait qu’elle soit une femme va légèrement influencer le comportement de Jésus mais c’est tout.

Tout ceci est vraiment dommage car on voit que Marie a quelque chose de spécial, comme en témoigne l’intensité du jeu entre Rooney Mara et Joaquin Phoenix. Ce dernier, qui a l’air possédé, incarne un Jésus fatigué, aux traits tirés, mais qui semble captivé par le regard profond (mais pas toujours très expressif) de Rooney Mara. Les autres acteurs, qui délivrent des prestations tout à fait correctes, ne bénéficient pas d’une écriture assez détaillée pour véritablement marquer les esprits.

On ne peut guère compter sur la présence d’émotion car le récit est beaucoup trop convenu pour nous faire ressentir quoi que ce soit. Les dialogues sont plats (en tout cas en VF), l’intrigue avance très lentement et la bande-originale abuse beaucoup trop des violons et des cordes. Aucune subtilité, aucune surprise, aucun enjeu narratif et une mise en scène banale, il ne reste pas grand-chose à sauver, si ce n’est les beaux paysages qui distraient notre regard pendant ces deux longues heures (le film a été principalement tourné en Italie).

Bref, malgré une volonté de réhabilitation du personnage de Marie Madeleine qui aurait pu déboucher sur un projet intéressant, ce Mary Magdalene demeure très dispensable.

 

+ : Rooney Mara et Joaquin Phoenix

 : intérêt de l’histoire

LA scène : la crucifixion

  • Note : 1,75 / 5

 

5 commentaires

  1. Je vais le voir lundi matin à la séance de 11 h. J’aime beaucoup Joaquin Phoenix mais les critiques sur ce film sont globalement négative. Je te dirais ce que j’en aurais pensé. Merci en tout cas pour cette jolie critique d’un film qui ne t’as pas emballée 😉 🙂

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      1. Et bien disons que lundi matin je me suis dis que finalement j’attendrais encore un peu pour le voir.. ^^ pas faute de lire des critiques plus que moyenne qui ont fini par me convaincre d’attendre 😉 Pourtant j’adore Joaquin Phoenix ! 🙂 😉

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