The Sisters Brothers

Récompensé du Lion d’argent du meilleur réalisateur à la dernière Mostra de Venise, The Sisters Brothers est le premier film tourné en anglais de Jacques Audiard. Situé en Oregon en 1851, il met en scène Eli et Charlie Sisters, deux frères tueurs à gage engagés par le Commodore pour traquer et tuer un chimiste ayant mis au point une formule pour rendre l’or brillant dans l’eau.

Même si le but n’est pas de comparer directement les longs-métrages, on ne peut s’empêcher de penser à un autre western sorti cette année, l’excellent Hostiles avec Christian Bale et Rosamund Pike. Et comme il s’agissait d’un vrai coup de cœur personnel, j’ai été légèrement déçue en voyant The Sisters Brothers. Le film n’est pas mauvais, loin de là, mais il n’a pas réussi à me transporter comme l’a fait Hostiles. Jacques Audiard a pourtant des arguments de taille, à commencer par son casting cinq étoiles composé d’un magnifique quatuor d’acteurs. John C. Reilly et Joaquin Phoenix incarnent à merveille les deux frangins engagés dans une chasse à l’homme. On est surpris de voir à quel point ces personnages sont assez loin des cow-boys bourrins traditionnels. Bien sûr, ce sont des as de la gâchette, mais ils font preuve d’une certaine sensibilité et de bon sens comme on en voit rarement dans ce genre cinématographique. Par-dessus tout, c’est surtout leur amour fraternel qui étonne et qui rend le film si particulier. Ils sont rejoints par un Riz Ahmed plutôt discret qui interprète le mystérieux chimiste et par un Jake Gyllenhaal toujours impeccable dans le rôle du détective Morris qui doit aider les deux frères.

Malgré tout, on décèle quelques faiblesses dans le scénario qui pèsent un peu sur le résultat final. L’intrigue met déjà un certain temps avant de se mettre en place et progresse avec un rythme assez lent (classique pour un western me direz-vous). Puisque le film mise moins sur le spectaculaire et privilégie la relation entre les deux frères, il manque un peu de piment à l’histoire pour la rendre totalement attrayante. Reste quelques dialogues bien trouvés et des touches d’humour noir qui font mouche.

La mise en scène soignée d’Audiard et la belle photographie de Benoît Debie nous laissent à croire que le Lion d’argent était amplement mérité mais, encore une fois, les plans m’ont paru moins impressionnants que dans Hostiles (pareil pour la musique d’Alexandre Desplat, beaucoup moins marquante que la composition de Max Richter).

La justesse du casting et la réalisation d’Audiard font de The Sisters Brothers un western tout à fait correct qui ravira sans doute les adeptes du genre. Mais selon moi, il n’arrive pas à surpasser Hostiles.

 

+ : le casting

– : le manque de piment dans le scénario

LA scène : la recherche d’or dans la rivière

  • Note : 3 / 5

 

La bande-annonce :

 

11 commentaires

  1. Je n’ai pas vu Hostiles mais je suis complètement d’accord avec toi sur The Sisters Brothers. J’ai ressenti la même impression sur le rythme/la première partie longue ainsi que sur le fait que le réalisateur privilégiait les rapports humains au schéma classique des westerns.

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  2. Je vois que les avis sont plus Hostiles que Audiard. Personnellement, j’aime les deux, en leur trouvant néanmoins des défauts respectifs. Hostiles m’a déçu assez vite par son scénario catalogue, ses facilités d’écriture qui m’ont mis hors du coup. Reste une mise en scène magnifique portée par des acteurs remarquables et la très belle musique de Richter en effet. Chez Audiard, c’est la fin qui me flingue, alors que j’ai beaucoup aimé les trois premiers quarts du film, l’originalité du traitement. Mais la réalisation ne sait que faire avec ses décors grandioses, qui ne semblent pas avoir inspiré le réalisateur carcéral de « Un prophète ».

    Aimé par 2 personnes

    1. Pour avoir reçu Hostiles dernièrement, je maintiens qu’il est de meilleure facture que celui-ci (en tout cas pour moi), malgré les quelques faiblesses de son scénario. Et oui justement, la fin est brouillonne, Audiard se perd un peu. Mais je conçois qu’on peut aimer les deux, surtout si le western fait partie des genres qu’on affectionne.

      Aimé par 1 personne

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