First Man

Il n’aura fallu que deux films pour que Damien Chazelle soit considéré comme l’un des meilleurs réalisateurs de sa génération. Après le tendu Whiplash et l’onirique La La Land, le cinéaste nous emmène sur la Lune en compagnie de Neil Armstrong, incarné par Ryan Gosling, dans First Man. Une nouvelle réussite.

De toute beauté, First Man dresse avant tout le portrait d’un homme, époux et père de famille, qui se retrouve impliqué dans la conquête de l’espace. Un film intimiste qui reste au plus près de ses personnages pour capturer leurs moindres ressentis. Ryan Gosling fait à nouveau preuve d’une grande justesse dans son interprétation et parvient à transmettre beaucoup de choses d’un simple regard, Neil étant quelqu’un qui exprime très peu ses émotions. Une finesse dans le jeu également présente chez Claire Foy, qui incarne son épouse. La famille tient d’ailleurs une place importante dans le film, même dans les moments où on s’y attend le moins.

Autre aspect bien évidemment crucial, la course à la Lune. Damien Chazelle a choisi l’immersion en nous mettant souvent à la place des astronautes. On vit les missions avec eux, on partage leur vision, souvent réduite. La caméra tremble beaucoup renforçant le côté instable de la situation. Une shaky cam également utilisée pour les scènes sur Terre (peut-être un peu trop par moment) : là encore, une manière de signifier la tension permanente qui ne s’effacera que lorsque la Lune sera atteinte. Comme Christopher Nolan l’avait fait sur Interstellar, Damien Chazelle a voulu éviter les fonds verts au maximum, donnant ainsi une authenticité fortement appréciée aux scènes spatiales. Et que dire du décor lunaire, là encore reconstitué le plus fidèlement possible et qui nous transporte dès les premiers instants.

Car oui, et ce n’est pas un spoiler, l’alunissage fait partie intégrante du film et il s’agit probablement d’une des plus belles scènes vues en salles cette année. Un combiné de tension, de rythme et d’émotions, sur une musique exceptionnelle de Justin Hurwitz (le morceau s’appelle The Landing, allez l’écouter). La maitrise du son est l’une des grandes forces de Damien Chazelle : comme il nous l’avait déjà prouvé sur ses précédents longs-métrages, il sait pertinemment quand et comment utiliser la musique pour embellir une scène ou pour la renforcer émotionnellement. Il peut remercier son comparse Justin Hurwitz pour sa nouvelle partition, tout simplement sublime (croisons-les doigts pour qu’il remporte un nouvel Oscar qui serait amplement mérité).

Je pourrais continuer à vous parler de First Man pendant des heures, tant il y a de thèmes à développer (la notion de sacrifice, l’ambition, la mort qui ne cesse d’hanter Neil). Mais rien ne vaut un visionnage en salle pour que l’expérience soit idéale et que vous puissiez vous faire votre propre avis (n’ayez pas peur de la durée – 2h20 – le film avance à grands pas). Vous me pardonnerez donc mon manque d’objectivité sur cette critique mais elle témoigne de mon amour inconditionnel pour Damien Chazelle.

 

+ : la mise en scène, les acteurs, la bande-originale

– : si on chipote, la caméra tremble parfois un peu trop

LA scène : l’alunissage et tout ce qui suit

  • Note : 5 / 5

 

La bande-annonce :

 

Et pour le plaisir, je vous mets le lien de The Landing :

 

 

23 commentaires

  1. Belle critique, que je partage d’ailleurs totalement.

    Ma note est cependant un peu moins élevée que la tienne. La raison est simple, si les scènes spatiales sont à mon sens pratiquement irréprochables, c’est moins le cas pour les séquences sur Terre. En effet, à trop vouloir étouffer les émotions, le film en devient parfois froid et austère. Un petit défaut qui m’empêche de lui accorder, comme toi, la note maximale.

    Mais ça reste un GRAND film, on est d’accord.

    Aimé par 1 personne

  2. Bravo pour cette belle critique qui donne envie de voir ce film. Il faut dire qu’il en a transporté plus d’un vers le ciel étoilé. Chazelle est un maître du son, effectivement, en concurrence avec Nolan lorsqu’il nous faisait monter à bord du Spitfire de Tom Hardy à « Dunkirk ». Les reconstitutions sont superbes qu’elles soient sur la Lune ou sur le pas de tir. L’intime et le grandiose trouvent ici leur juste mesure.

    Aimé par 1 personne

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