Roma

Cinq ans après la claque monumentale que fut Gravity, le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón revient avec un nouveau long-métrage inspiré de sa propre enfance au Mexique dans les années 1970 : Roma. Avant sa sortie internationale sur Netflix le 14 décembre, le film avait remporté le Lion d’or à la Mostra de Venise en septembre dernier et on parle déjà de lui comme un des favoris des prochains Oscars. Sa sortie a bien évidemment relancé l’éternel débat entre le visionnage des films sur Netflix et dans les salles de cinéma. Même si je fais partie des irréductibles qui privilégient la salle plutôt que le petit écran, je pense surtout que les films doivent être accessibles et visionnés, peu importe le canal. J’aurais effectivement préféré découvrir Roma sur grand écran, mais sans le financement de la plateforme de streaming, le film n’aurait probablement jamais pu voir le jour, donc merci Netflix.

Bref, passons au film. Roma se déroule dans le quartier de Colonia Roma à Mexico au début des années 1970. On y suit le quotidien d’une famille de classe moyenne et de leur femme de ménage, Cleo. Pendant une année, on verra le couple formé par Antonio et Sofia battre de l’aile, tandis qu’ils essaieront de cacher leurs difficultés à leurs quatre enfants. Mais cela sera également une année difficile pour Cleo dont la vie va basculer du jour au lendemain sans qu’elle n’y soit prête.

Tourné en noir en blanc, Roma est d’une beauté époustouflante. Alfonso Cuarón y privilégie les plans larges, les travellings et les plans-séquences, prenant ainsi le temps pour composer et décrire ses scènes. Il en ressort une certaine lenteur dans le rythme du film auquel il faut s’habituer (elle risque toutefois d’en déstabiliser plus d’un). Mais on reste captivé par les jeux de lumière et par l’ensemble des décors pendant 2h15.

Le manque de plans rapprochés n’empêche pas de rentrer dans l’intimité de ces personnages. Au contraire, on est surpris de voir à quel point le destin de Sofia, des enfants et surtout de Cleo parvient à nous émouvoir. Cette dernière, interprétée par Yalitza Aparicio, est extrêmement touchante et sincère, même en ayant peu de dialogues. Certains pourront peut-être reprocher le côté banal et simple de cette histoire, mais c’est ce qui fait la force du film : raconter l’amour qui règne dans cette famille, mais aussi les doutes de la mère, tout en se focalisant sur les souffrances et les espoirs de Cleo.

Envoûtant et poétique, ce récit intimiste confirme l’immense talent de son réalisateur qui ne cesse de se réinventer.

 

+ : la mise en scène et le casting

 : le rythme un peu lent

LA scène : la dernière à la plage

  • Note : 4 / 5

 

La bande-annonce :

 

 

5 commentaires

  1. Comme tu le sais, je n’ai pas aimé ce film que je trouve vraiment d’une banalité affligeante. Ces qualités formelles sont bien réelles (c’est franchement magnifique), mais elles ne servent à mon sens pas du tout le récit.

    Opter – sans raison – pour du noir et blanc, et se complaire systématiquement dans les mêmes mouvements de caméra (aussi beaux soient-ils), ce n’est pas se réinventer pour moi. 😉

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  2. Envoûtant et poétique, et même politique pourrait on ajouter car le critère ethnique joue aussi pour beaucoup dans la composition sociale de cette famille bourgeoise. Cuaron se confie de manière émouvante à travers ce film dont la mystique résonne bien au-delà de la sphère de l’intime.

    Aimé par 1 personne

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