Colette

Romancière, mime, actrice et journaliste, Sidonie-Gabrielle Colette a marqué le tournant du XXe siècle par ses nombreuses contributions à la littérature et à la culture française. Elle fait aujourd’hui l’objet du film sobrement intitulé Colette, réalisé par Wash Westmoreland (réalisateur de Still Alice), et donnant à Keira Knightley la possibilité de briller à nouveau dans un period drama.

Classique dans sa forme et dans sa narration, ce biopic n’en demeure pas moins intéressant. Il raconte principalement comment Colette a vécu dans l’ombre de son mari (Henry Gauthiers-Villars, dit Willy) en écrivant des romans à succès et en créant une vraie marque autour de son personnage de Claudine (à l’origine du fameux col Claudine). Pour être honnête, en voyant le film en 2019, on se demande bien comment elle a eu le courage de rester auprès de cet homme volage et joueur qui ne pensait qu’au business (c’était une autre époque, me direz-vous). Et en même temps, les décisions qu’elle commencera à prendre au fil des années concernant son émancipation seront très modernes pour le début du XXe siècle.

Néanmoins, on regrette peut-être que le film couvre autant d’années dans la vie de la jeune Colette. Certes, son parcours est extrêmement riche (et d’ailleurs, le film s’arrête presque au moment le plus intéressant de sa vie), mais paradoxalement, le récit a tendance à tourner quelquefois en rond et à progresser en spirale : on revient souvent aux mêmes types de situations, malgré l’avancée dans l’histoire. Rien d’exceptionnel n’est à relever en matière de mise en scène : on se trouve face à un drame historique des plus classiques. On notera tout de même la grande présence de violons dont les volumes assez forts alourdissent et dramatisent parfois les scènes sans raison.

Heureusement, comme il s’agit d’un film assez bavard, les dialogues ont été spécialement bien écrits, en particulier les scènes de confrontations entre Colette et Willy. Ce dernier est interprété par un Dominic West très en forme qui a cette capacité d’être attachant et révoltant à la fois (ceux qui regardent The Affair sauront de quoi je parle). Mais la star est bien évidemment Keira Knightley, toujours très à l’aise lorsqu’il faut porter un corset. Pleine de justesse, elle apporte du souffle à ce personnage féministe qui apprendra à ne plus vivre sous le joug de son mari tout en gagnant une place importante dans la société. Un rôle qui lui va comme un gant, surtout en plein mouvement Me Too.

Portrait d’une femme exemplaire et moderne, Colette a la chance d’avoir un casting inspiré qui met parfaitement en valeur ses scènes dialoguées. Il reste en revanche bien trop classique pour marquer le genre ou le septième art.

 

+ : Keira Knightley

 : récit qui tourne parfois en rond

LA scène : la dernière confrontation entre Colette et Willy

  • Note : 3 / 5

 

La bande-annonce :

 

 

4 commentaires

  1. Ah Keira, qu’est-ce que je l’aime ! 🙂

    Plus sérieusement, ma note est identique à la tienne. Et mon avis l’est tout autant. Film beaucoup trop classique que pour marquer durablement les esprits, mais il vaut néanmoins le détour pour son portrait intime de l’artiste et la prestation inspirée de ses acteurs.

    Aimé par 1 personne

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