Beautiful Boy

Ceux qui me lisent régulièrement se rappellent peut-être de ma critique de Ben Is Back, publiée il y a quelques semaines, dans laquelle je vous expliquais que le film de Peter Hedges avait de nombreux points communs avec Beautiful Boy réalisé par Felix Van Groeningen. Les deux longs-métrages explorent en effet le sujet de l’addiction en mettant l’accent sur la relation entre un parent et son adolescent. J’évoquais entre autres la possibilité d’un ressenti différent suivant l’ordre de visionnage des deux films. Encore une fois, je ne cherche pas à comparer directement les deux œuvres (alors que c’est extrêmement tentant), mais je pense fortement que d’avoir vu Beautiful Boy avant Ben Is Back a eu une influence sur mon avis. Et histoire d’en être certaine, je suis même retournée voir Beautiful Boy au cinéma pour confirmer ma position.

Beautiful Boy se base sur les récits autobiographiques de David Sheff et de son fils Nic, accro à la méthamphétamine, et dresse le portrait de ce père prêt à tout pour que son fils échappe à la drogue. Une thématique assez lourde qui est pourtant évoquée avec une grande sincérité et beaucoup de subtilité. Le film ne s’intéresse pas à la raison qui aurait poussé Nic à se droguer, mais cherche plutôt à dépeindre un quotidien complexe où la rechute est constamment proche.

Comme bien souvent, on peine à comprendre certaines actions des personnages tant elles nous paraissent insensées. Les rechutes de Nic sont particulièrement difficiles à accepter au vu de sa situation familiale qui semble idyllique. La séance peut devenir éprouvante et pas évidente à digérer à cause de l’intensité du sujet, mais en même temps, le film parvient à dégager une certaine chaleur. Cela se ressent dans l’aspect visuel, très coloré et lumineux, malgré une thématique aussi sombre. Et surtout, on le perçoit dans l’amour que partagent les membres de cette famille, comme en témoignent en particulier les nombreux flashbacks qui ponctuent le récit. La narration décousue a parfois tendance à nous perdre un peu au niveau chronologique, mais elle permet de tirer des parallèles concernant l’évolution de la relation père-fils (même si certains sont parfois trop appuyés, notamment par une BO pas toujours très discrète).

Véritables atouts du film, Steve Carell et Timothée Chalamet sont tout simplement extraordinaires. Steve Carell, toujours excellent dans les drames, incarne un père touchant qui est déboussolé par tout ce qui arrive à son fils. Et que dire de Timothée Chalamet ? Certes, je ne suis sans doute pas très objective, mais il joue avec un naturel déconcertant qui ne cesse de m’impressionner. Chaque scène entre les deux personnages transpire de justesse et de sincérité (c’est à se demander comment l’Académie des Oscars a pu oublier de les nommer cette année).

S’il n’est pas toujours facile à regarder et peut-être un peu long, Beautiful Boy traite d’un problème actuel sans aucune fioriture et avec beaucoup de réalisme. Il permet surtout à son duo d’acteurs de briller pendant deux heures et de nous présenter une des plus belles relations père-fils de ces dernières années.

 

+ : Steve Carell et Timothée Chalamet

– : la narration décousue qui s’éparpille parfois

LA scène : la discussion dans le diner

  • Note : 4,25 / 5

 

La bande-annonce :

 

8 commentaires

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.