The Kitchen

Première réalisation de la scénariste Andrea Berloff, The Kitchen (Les Baronnes en VF) est l’adaptation du comic book éponyme qui situe son histoire dans le célèbre quartier new-yorkais Hell’s Kitchen à la fin des années 1970. On y fait la rencontre de Kathy, Ruby et Claire, toutes mariées à des mafieux irlandais qui règnent sur le quartier. Mais quand ces derniers sont emprisonnés par le FBI, les trois femmes vont en profiter pour reprendre les affaires familiales en main, jusqu’à devenir les véritables baronnes de Hell’s Kitchen.

Petit film de gangster assez traditionnel, The Kitchen a au moins le mérite de centrer son récit sur ces trois personnages féminins qui décident de prendre le pouvoir et de gérer l’infâme quartier new-yorkais avec leurs méthodes, au risque de s’attirer de nouveaux ennemis. Si le propos féministe est le bienvenu, on regrette que le scénario choisisse de nous embarquer dans une histoire pleine de facilités et de raccourcis qui omettent un développement concis des personnages. Certes, des réflexions sur une certaine forme d’émancipation et de contrôle personnel ont lieu, mais elles sont presque trop vite éclipsées par la direction « on élimine tout ce qui nous fait obstacle » que prend le film. Même les quelques retournements de situation ne parviennent pas à épaissir le propos qui reste beaucoup trop en surface (la faute au comic book ou au scénario ? Mystère).

De la même manière, si cela fait toujours plaisir d’avoir le nom d’une réalisatrice au générique, Andrea Berloff ne parvient pas à se démarquer des autres productions du même genre. Le contexte des années 1970 a beau être soigné, la réalisation manque de style et se contente trop souvent de nous proposer des scènes en champ/contre-champ trop banales. L’ensemble n’est pas vilain et est même tout à fait correct, mais pour de l’originalité et une vision personnelle, on repassera.

Finalement, l’atout principal reste sans hésiter le casting féminin qui porte véritablement le film sur ses épaules. La bonne surprise revient à Melissa McCarthy, tellement plus intéressante dans le drame que lorsqu’elle s’embarque dans des comédies graveleuses. Si vous regardez The Handmaid’s Tale, vous ne serez pas dépaysés en voyant la performance d’Elisabeth Moss qui ressemble par moment à son interprétation de June : c’est vraiment un style qui lui va à ravir (si vous êtes sensibles à son jeu). Légèrement en dessous de ses collègues, Tiffany Haddish a parfois tendance à en faire un peu trop, notamment dans la deuxième partie du film quand elle commence à se forger un véritable caractère de mafieuse, sans toutefois basculer dans la caricature.

Divertissement gentillet, The Kitchen vaut surtout le détour pour la forte présence féminine emmenée par un joli casting. On aurait toutefois aimé que le scénario pousse la thématique plus loin et que la réalisation soit plus inspirée. Mieux vaut donc ne pas trop en attendre et se contenter d’un petit long-métrage distrayant, sans plus.

 

+ : le casting féminin

 : la mise en scène quelconque

LA scène : le dépeçage de la première victime

  • Note : 2,75 / 5

 

La bande-annonce :

 

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