Gemini Man

Gemini Man faisait partie de ces films extrêmement alléchants sur le papier. Une intrigue qui tourne autour de la confrontation entre deux versions d’un même homme, incarné par Will Smith : le plus âgé se retrouve soudainement en face de son double rajeuni qui veut le tuer. La bande-annonce laissait présager un thriller teinté d’action et usant de technologies révolutionnaires, tandis que le nom d’Ang Lee (réalisateur entre autres de Sense and Sensibility et Brokeback Mountain) au générique pouvait être considéré comme un gage de qualité. Quelle ne fut donc pas ma déception en voyant ce long-métrage terriblement insipide.

Alors que les histoires de clones m’ont toujours intéressée, on se retrouve ici avec une intrigue d’une platitude sans nom qui manque cruellement de tension et de saveur. Le mystère autour de la présence de ce double n’est jamais exploité et on cherche simplement à confronter les deux versions du personnage sans créer un univers dense et complexe. Les personnages bénéficient d’une écriture paresseuse et stéréotypée, alors que les scènes s’enchaînent avec une grande prévisibilité. Il n’est donc pas rare que l’ennui pointe le bout de son nez, surtout avec un film s’étalant sur près de deux heures.

On aurait pu croire que les scènes d’action seraient là pour remonter le niveau mais ce n’est pas vraiment le cas. Certes, Ang Lee a eu quelques idées intéressantes en matière de réalisation, notamment lors des courses-poursuites. Le cinéaste a également utilisé un ratio d’images par seconde supérieur à celui de la plupart des films, ce qui donne cette impression d’une image très nette (ou alors étrangement floue par moment) : ayant vu le film dans une salle normale, je ne peux pas me prononcer sur l’expérience mais il semblerait que le visionnage soit beaucoup plus intéressant dans une salle dotée des moyens pour la diffuser (la 3D serait notamment très saisissante). Mais tous ces artifices ne parviennent pas à sauver la faiblesse du scénario. En revanche, les effets spéciaux chargés de recréer une version jeune de Will Smith sont passablement impressionnants, même si par moment, les expressions du visage auraient pu être plus prononcées.

Pour finir, le casting n’arrive pas non plus à relever le niveau. Si Will Smith fait le minimum syndical (il faut dire que la pauvreté des dialogues n’aide pas), ses collègues ne délivrent pas des prestations transcendantes. Mary Elizabeth Winstead semble parfois aux abonnés absents, Benedict Wong n’a rien à se mettre sous la dent et Clive Owen est tout simplement hors-sujet.

Série B paresseuse alors qu’il avait du potentiel, Gemini Man contentera peut-être les spectateurs les moins exigeants (et ceux qui le verront peut-être dans des conditions optimales). Les autres seront frappés par la faiblesse de l’histoire et par les prestations en demi-teinte des acteurs. On oublie !

 

+ : la technologie et quelques idées de mise en scène

– : le scénario

LA scène : la course-poursuite en moto

  • Note : 1,75 / 5

 

La bande-annonce :

 

10 commentaires

  1. Il y a longtemps que Will Smith ne me fait plus rêver (à deux ou trois films près, je me demande quand je l’ai vraiment apprécié en fait), et ce film-ci visiblement ne va pas me réconcilier. Le concept me semble également bien proche du plus modeste « Looper » avec Bruce Willis, que j’avais moyennement aimé mais qui me semble tout même un peu meilleur.
    Je passe mon tour.

    Aimé par 2 personnes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.