Doctor Sleep

Si l’on m’avait dit en janvier dernier que je verrais autant de films d’horreur en salle cette année, je ne l’aurais pas cru. Et pourtant, j’ai à nouveau pris mon courage à deux mains et je suis allée découvrir sur grand écran Doctor Sleep, la suite de The Shining sorti en 1980. Mais bien évidemment, il fallait d’abord que je me plonge dans ce dernier, considéré comme un véritable monument du cinéma, avant de découvrir sa suite (je l’ai déjà répété à plusieurs reprises, mais comme je n’affectionne pas spécialement le genre horrifique, j’avais repoussé le visionnage de The Shining au plus tard possible). Je ne m’étalerai pas sur le long-métrage de Stanley Kubrick (ni sur le rapport avec les romans de Stephen King, que je n’ai d’ailleurs pas lus) : je comprends désormais l’engouement qui l’entoure, mais la séance ne fut pas vraiment une partie de plaisir. N’ayant pas du tout adhéré au rythme du film, ni à son ambiance, j’admets toutefois qu’il dégage un certain mystère qui le rend fascinant comme en témoignent les différents niveaux de lecture qu’il propose, en plus de la mise en scène léchée de Kubrick.

Pour ne pas perdre les novices en route, Doctor Sleep se charge tout de même de nous rappeler les scènes importantes du précédent opus au début du film (des scènes retournées avec des autres acteurs – sensation très étrange quand on a vu le film le soir avant). L’histoire s’intéresse toujours à Danny, l’enfant doué d’un don (le Shining) qui lui permet entre autres de communiquer par télépathie avec certaines personnes. Désormais adulte mais toujours traumatisé par les événements qu’il a vécus à l’Overlook Hotel, Danny semble souffrir des mêmes vices que son père et se réfugie dans l’alcool. Il débarque un jour dans une nouvelle ville où il rencontre Billy qui va l’aider à devenir sobre. Quelques années plus tard, il entre en communication avec la jeune Abra, également dotée du Shining, qui lui demande de l’aide pour échapper à une bande d’individus qui se nourrissent des pouvoirs que partagent Danny et Abra.

S’il est possible de regarder Doctor Sleep et d’en saisir l’essentiel sans avoir vu The Shining, la séance devient beaucoup plus intéressante quand on comprend toutes les références que le réalisateur Mike Flanagan fait au premier volet, notamment dans la dernière demi-heure, truffée de clins d’œil. Néanmoins, cette suite peine à rendre son récit captivant à cause de son manque de subtilité et de son histoire plutôt prévisible. Là où The Shining nous surprenait par ses scènes inattendues, Doctor Sleep nous emmène sur un chemin tout tracé que l’on devine au fur et à mesure. Tout est trop limpide pour réellement convaincre et le film ne cherche pas à complexifier le récit. En plus, il s’étale sur plus de 2h30 et n’échappe ainsi pas à quelques longueurs causées par la répétition de plusieurs scènes (même si la cadence est plus rapide que celle du film de 1980).

Sans être aussi élaborée que la mise en scène de Kubrick, celle de Flanagan reste tout à fait correcte. En revanche, les éléments horrifiques de la réalisation ne sont pas des plus convaincants : Flanagan joue trop souvent sur les effets musicaux censés provoquer des jumpscares et ils deviennent fatigants à la longue (au lieu de véritablement nous effrayer). Loin d’être terrifiant, Doctor Sleep se rapproche plutôt du thriller horrifique que du véritable film d’horreur (même si certaines scènes ne sont guère alléchantes).

Finalement, le film permet d’admirer une nouvelle excellente performance de Rebecca Ferguson (que j’adore, donc pardonnez mon manque d’objectivité). Elle interprète la cheffe de la bande de méchants qui vont traquer Abra, avec charme, élégance et bad-assitude. Face à elle, Ewan McGregor semble être en terrain connu et s’en sort plutôt bien. Mais la révélation est peut-être la jeune Kyliegh Curran qui incarne Abra avec une étonnante maturité.

Sans être révolutionnaire pour le genre, Doctor Sleep reste donc un thriller horrifique assez banal qui trouve principalement son intérêt dans l’hommage qu’il rend au film de Kubrick de 1980.

 

+ : le casting, en particulier les interprètes féminines

 : le manque de subtilité

LA scène : la discussion dans le bar de l’Overlook

  • Note : 2,75 / 5

 

La bande-annonce :

 

4 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.