Proxima

L’affiche laisse entendre que Proxima est un nouveau film se déroulant dans l’espace, mais le long-métrage d’Alice Winocour se focalise en fait sur la relation que partagent Sarah, une astronaute française, et sa fille Stella. Pour la première fois, Sarah s’apprête à partir dans l’espace pour une mission de longue durée. On la suit durant les préparations et l’entrainement intensif, pendant lesquels les souffrances physiques et psychologiques s’ajouteront à la perspective de devoir laisser sa fille derrière elle.

La déchirure que représente le fait de partir dans l’espace et de laisser ses enfants est souvent abordée dans les films sur l’espace mais seulement au travers de quelques scènes concernant surtout des astronautes masculins (Interstellar, First Man), les longs-métrages préférant privilégier le spectacle et l’aventure spatiale. C’est donc intéressant d’avoir ici le point de vue d’une femme qui doit s’affirmer dans un univers masculin. Personnage plus complexe qu’il n’y parait, Sarah ne laisse pas souvent ses émotions prendre le dessus. Elle sait qu’elle doit rester forte pour sa fille, mais aussi pour montrer qu’elle est à la hauteur de la mission spatiale, alors que tous les regards se posent sur elle.

En montrant cet aspect, Proxima se dote presque d’un petit côté documentaire qui semble refléter une dure réalité, à l’exception d’une scène vers la fin qui manque vraiment de crédibilité, mais qui renforce ce lien maternel indescriptible. Eva Green est d’ailleurs très touchante dans ce rôle de mère-astronaute et l’alchimie avec la jeune Zélie Boulant-Lemesle fonctionne plutôt bien. Alice Winocour a en plus choisi d’inscrire ses personnages dans un contexte familial complexe puisque les parents sont séparés (même si le père coopère totalement). Cet élément rajoute encore une couche au poids des décisions de Sarah.

Quant à la réalisation, elle privilégie l’humain au détriment du spectaculaire, même si certaines scènes d’entrainement, notamment sous-marin, sont d’une grande intensité. On reste malgré tout dans un univers assez froid, comme en témoignent les décors et la lumière aux tons froids (bleu-gris-blanc), mais également très symbolique (la métaphore de la blessure qui ne guérit pas, le jeu avec les miroirs).

Il manque toutefois un petit quelque chose qui aurait fait de Proxima un grand long-métrage. Peut-être est-ce sa tendance à se rapprocher du documentaire, même si les émotions sont au rendez-vous ? Peut-être est-ce sa réalisation qui s’efface pour laisser les personnages prendre le dessus ? Quoi qu’il en soit, Proxima fait partie des bons crus de cette année en mettant autant en lumière un aspect généralement peu exploité au cinéma, et en optant pour un point de vue féministe.

 

+ : Eva Green

 : son petit côté documentaire

LA scène : les adieux

  • Note : 3,75 / 5

 

La bande-annonce :

3 commentaires

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