A Beautiful Day in the Neighborhood

Sorti l’année passée aux Etats-Unis et alternant entre salles et VOD en Europe, A Beautiful Day In the Neighborhood a permis à Tom Hanks d’être nommé aux Oscars pour la sixième fois. L’acteur américain y interprète le célèbre présentateur TV Fred Rogers, alias Mister Rogers, connu pour ses émissions destinées aux enfants. Mais le film se concentre surtout sur Lloyd Vogel, un journaliste réputé pour sa plume cynique, qui est chargé de rédiger un papier sur Mister Rogers. Bien que réticent au premier abord, Lloyd va très vite se rendre compte de l’impact que le présentateur TV a sur les gens, au point de changer sa propre vie.

Bien évidemment, le film risque d’être perçu différemment de ce côté de l’Atlantique qu’aux Etats-Unis où Mister Rogers reste une figure importante du paysage audiovisuel. S’il est difficile d’enlever le capital sympathie du personnage, il faut avouer qu’à la longue, la forte dose de bons sentiments déversés par Rogers donne un côté sirupeux au long-métrage qui ne plaira certainement pas à tout le monde. En fait, je me suis sentie un peu comme Lloyd lorsqu’il rencontre pour la première fois cet homme considéré comme le plus gentil sur Terre : on sent que quelque chose cloche et on cherche à découvrir une quelconque faille, mais il n’y en a pas vraiment.

Au lieu de s’intéresser à la personnalité de Mister Rogers, on en vient donc à trouver le personnage de Lloyd plus complexe et mieux écrit sur le plan émotionnel. C’est surtout son histoire qui passionne, plus que le portrait du présentateur TV, et l’interprétation de Matthew Rhys y est pour beaucoup. Le couple qu’il forme avec Susan Kelechi Watson fonctionne instantanément. Certes, Tom Hanks fait aussi des merveilles, comme à son habitude, mais le personnage m’a quelquefois ennuyée (en plus d’avoir un débit de parole très faible auquel on n’est pas forcément habitué).

Sur l’aspect formel, le film se distingue par son côté méta que la réalisatrice Marielle Heller a choisi en mélangeant le concept de l’émission (Mister Rogers’ Neighborhood) et l’histoire personnelle de Lloyd. Une idée ingénieuse de prime abord, mais qui s’essouffle toutefois en bout de course. Le reste de la mise en scène est beaucoup plus standard.

Surfant sur une vague nostalgique que seuls les spectateurs fidèles de Mister Rogers reconnaîtront, A Beautiful Day in the Neighborhood est intéressant pour son portrait d’un homme un peu déboussolé qui cherche à panser les blessures de sa vie, mais l’ensemble reste beaucoup trop sage pour marquer les esprits.

 

+ : Matthew Rhys et Tom Hanks

 : le côté sirupeux du film

LA scène : Lloyd qui donne le biberon à son fils en pleine nuit

  • Note : 2,5 / 5

 

La bande-annonce :

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.