The Trial of the Chicago 7

Décidément, cet automne regorge de surprises ! Alors qu’on l’attendait sur Netflix pour le 16 octobre, The Trial of the Chicago 7 a pu bénéficier d’une sortie en salles dans certains cinémas. Quoi de mieux que de pouvoir découvrir sur grand écran le nouveau film d’Aaron Sorkin, scénariste de génie à qui l’on doit notamment The Social Network, Steve Jobs ou la série The West Wing. Le cinéaste américain réalise ici son deuxième film après Molly’s Game et s’intéresse à un procès qui a eu lieu à la fin des années 1960 aux Etats-Unis. Sept hommes (en vérité huit) sont accusés de conspiration et d’être à l’origine des émeutes qui ont découlées d’une manifestation pacifique peu avant la Convention nationale démocrate en 1968.

Sur le papier, l’histoire semblait donc parfaite pour la plume aiguisée d’Aaron Sorkin et le résultat est en effet à la hauteur des attentes. Pendant près de 2h10, on suit avec passion et intérêt l’avancée de ce procès. La thématique permet au cinéaste d’aborder la notion de justice et les travers du système américain, en particulier avec un juge ignoble (incarné impeccablement par Frank Langella) qui vous fera bondir de votre siège. Bien qu’évoquant un événement de 1968, on sera étonné de voir à quel point le film traite de thématiques actuelles : les manifestations qui dégénèrent et le rôle de chaque parti impliqué (policiers et manifestants), la discrimination raciale et bien sûr les bavures de la justice.

Il est clair qu’en termes de mise en scène, le film de procès ne permet pas une innovation extraordinaire, mais Aaron Sorkin parvient tout de même à nous offrir de grands moments avec ses montages alternatifs, extrêmement rapides, dont il a le secret. Ces scènes, aidées des envolées épiques de la musique de Daniel Pemberton, donnent les frissons et confirment la finesse d’écriture du scénariste américain. Mais le cinéaste sait aussi utiliser les silences et la fameuse scène concernant Bobby Seale (Yahya Abdul-Mateen II) marque définitivement les esprits.

Le film a beau dépasser les deux heures, le temps passe à la vitesse de l’éclair et l’issue du procès nous tient en haleine. On peut aussi compter sur cet humour si particulier, teinté d’ironie, qui allège le long-métrage et le rend plus accessible. Finalement, Aaron Sorkin a su s’entourer d’un casting impeccable (Eddie Redmayne, Sacha Baron Cohen, Joseph Gordon-Levitt, Michael Keaton, entre autres), en offrant notamment la possibilité à l’excellent Mark Rylance de nous montrer toute l’étendue de son talent.

Passionnant et révoltant, The Trial of the Chicago 7 fait définitivement partie des très bons films de cette année si particulière.

 

+ : l’écriture d’Aaron Sorkin

– : la mise en scène de film de procès

LA scène : le montage alternatif concernant l’implication de Tom Hayden dans les émeutes (et la fameuse scène avec Bobby Seale)

  • Note : 4,5 / 5

 

La bande-annonce :

 

 

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