The Assistant

En voilà un film qui m’a procuré une étrange sensation ! Réalisé par Kitty Green, The Assistant raconte la longue et pénible journée de Jane, une assistante travaillant pour un grand producteur de cinéma. On la voit accomplir des tâches ingrates alors qu’elle se destine elle-même un jour à produire des longs-métrages. Prenant sur elle, Jane va toutefois se rendre compte qu’elle évolue dans un milieu particulier et que son boss a un comportement qui est loin d’être exemplaire.

La séance en tant que telle fut assez éprouvante, notamment à cause du climat anxiogène qui règne dans ce bureau et à cause du rythme du film qui a tendance à tourner quelque peu en rond. Mais plus j’y pense, plus j’arrive à lui trouver des qualités, comme s’il avait le droit à une deuxième vie après visionnage. Le patron de Jane n’est jamais montré à l’écran et on ne prononce jamais son nom, mais l’ombre d’Harvey Weinstein plane sur l’ensemble du film. On se situe donc dans un contexte pré-MeToo, avec une représentation de l’abus de pouvoir qu’un tel homme peut exercer sur son entourage, en particulier féminin.

Ce qui est sans doute le plus frustrant, c’est de voir que les employés et collègues de Jane connaissent les agissements de leur patron, mais se taisent ou préfèrent en rigoler. Le pire arrivera dans cette incroyable scène, glaçante et révoltante, où Jane tente d’expliquer la situation à un employé des ressources humaines qui parvient à lui faire porter le chapeau !

On regrette donc que le film ne soit pas toujours à la hauteur de la finesse de son propos, pourtant fort intéressant. Son rythme volontairement rébarbatif peut parfois conduire à l’ennui (un couple est parti de la salle après une vingtaine de minutes), même si j’avoue que, personnellement, je suis restée fascinée d’un bout à l’autre par les petits gestes de cette assistante. Julia Garner est vraiment impeccable dans ce rôle très froid dans lequel elle ne laisse que rarement ses émotions prendre le dessus. Comme mentionné plus haut, la scène qu’elle partage avec Matthew MacFadyen est sans doute la plus forte du long-métrage et le comédien britannique excelle dans le rôle d’un prétendu employé bienveillant qui arrive tout de même à manipuler son interlocutrice.

Épuisant, tout en restant intrigant, The Assistant risque certainement de diviser les spectateurs. Si la forme peine à convaincre sur l’ensemble, le propos et la justesse du jeu de Julia Garner restent très forts et suffisent à rendre le film intéressant.

 

: Julia Garner et le propos

 : le rythme rébarbatif

LA scène : la discussion avec l’employé des RH

  • Note : 3,5 / 5

 

La bande-annonce :

 

 

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