Pieces of a Woman

Situation sanitaire oblige, le premier film à trouver le chemin de mon blog est une production Netflix. Inspiré de la propre expérience de la scénariste Kata Wéber et du réalisateur hongrois Kornél Mundruczó, Pieces of a woman raconte le long parcours de deuil d’une femme qui met au monde une petite fille mort-née. Cette terrible épreuve mettra à mal son couple et la relation avec les membres de sa famille.

Après quelques courtes scènes d’introduction, le film nous fait ensuite vivre l’accouchement à domicile lors d’un incroyable plan séquence de plus de vingt minutes, durant lesquelles Martha et son compagnon Sean, sont rejoints par la sage-femme Eva. Éprouvante et tendue, cette scène permet surtout à Vanessa Kirby de nous confirmer l’étendue de son talent. Mais il est vrai que le long-métrage n’arrive pas à faire mieux que son début. Loin d’être facile à traiter, le deuil qui s’ensuit manque de puissance et le film perd un peu de sa superbe. La faute peut-être au personnage de Martha qui, malgré la sublime performance de Vanessa Kirby, reste extrêmement muette sur ses ressentis (même Sean lui demande à plusieurs reprises « a penny for your thought »). Ce n’est pas vraiment une surprise de voir son couple battre de l’aile (Shia LaBeoeuf fait du Shia LaBeoeuf, mais il le fait très bien), tandis que la relation avec sa mère se complique elle-aussi.

Forcément, une thématique pareille laissait présager un film dense et lourd à regarder, mais au vu de l’excellente scène d’accouchement, on aurait aimé que la suite soit aussi puissante émotionnellement, ce qui n’est pas vraiment le cas. Le rythme change, s’essouffle et l’intrigue a tendance à tourner un peu en rond. La photographie nous laisse dans les tons grisâtres, ne faisant qu’alourdir l’ambiance déjà pesante.

En ce sens, le long-métrage parvient assez bien à retranscrire les multiples facettes que peut prendre un deuil. Malgré un symbolisme qui manque quelque peu de subtilité (le pont, la pomme), la fin permet au moins aux personnages de trouver un semblant de sérénité, offrant également du répit aux spectateurs, complètement lessivés par le sujet.

 

+ : Vanessa Kirby

– : un rythme en dent de scie dans la deuxième partie

LA scène : celle de l’accouchement, forcément

  • Note : 3,25 / 5

 

La bande-annonce :

 

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