Cruella

De tous les projets de live action que Disney nous a concoctés depuis quelques années, ce long-métrage consacré à la jeunesse de la méchante Cruella d’Enfer semblait sortir du lot. En effet, il ne s’agit pas d’une simple copie des 101 Dalmatiens, mais bien d’une histoire originale qui imagine les jeunes années d’Estella avant qu’elle ne devienne la cruelle femme avide de fourrure de dalmatiens. Située dans le Londres punk des années 1970, l’histoire nous conte comment l’orpheline Estella va se lier d’amitié avec le duo d’escrocs Jasper et Horace avant de devenir l’assistante styliste d’une intransigeante baronne de la mode.

S’il y a bien une chose qui fait plaisir lorsqu’on découvre ce long-métrage, c’est de voir à quel point Disney a cherché à faire quelque chose de différent en proposant ce récit original. En ce sens, le film réussit son pari, même si tout est loin d’être parfait.  

La tâche de faire oublier l’iconique performance de Glenn Close (qui interprétait Cruella dans les deux adaptations live de 1996 et 2000) n’était pas évidente et pourtant, Emma Stone s’en sort avec les honneurs. L’actrice américaine éblouit l’écran et livre l’une de ses meilleures performances. Difficile d’imaginer ce film sans elle, tant elle se donne à cœur joie dans ce rôle. Si son interprétation est sans faille, on peut toutefois regretter le manque d’audace de Disney qui nous présente une version assez édulcorée du personnage. Le rôle de la vraie méchante du film revient à Emma Thompson, dont le personnage se rapproche d’une Meryl Streep dans The Devil Wears Prada. Les deux longs-métrages partagent d’ailleurs de nombreux points communs, notamment en lien avec la thématique de la mode et dans l’articulation du duo des deux Emma. L’écriture des seconds rôles (Mark Strong en tête) pêche également et on aurait aimé que le scénario nous transporte davantage, au lieu de nous emmener dans une histoire assez banalisée et sans véritables surprises.

D’un point de vue technique, Cruella cherche aussi à marquer sa différence avec une photographie plutôt soignée et une réalisation tout à fait correcte. Le sujet laissait aussi entrevoir des costumes de folie et c’est vraiment le cas : chaque tenue de Cruella impressionne et les fans de mode seront ravis de découvrir tous les looks (ça sent l’Oscar des meilleurs costumes). En revanche, le film souffre de quelques longueurs qui péjorent son rythme, nous donnant l’impression qu’il ne décolle jamais vraiment. Il y a un côté ronflant et redondant qui aurait certainement pu être évité avec une durée plus réduite et une écriture plus subtile. Finalement, si nos oreilles apprécient les morceaux des années 1970 qui sont présents dans le film, ils sont toutefois beaucoup trop nombreux, donnant un côté pop show au long-métrage qui accentue l’effet de répétition.

Au final, si la séance n’est pas déplaisante, elle se révèle un peu décevante lorsqu’on cherche à analyser le contenu du film plus en détails. Il reste heureusement une Emma Stone au sommet de son art et qu’on admire d’un bout à l’autre.   

+ : Emma Stone

 : l’écriture un peu paresseuse

LA scène : le monologue devant la fontaine

  • Note : 3 / 5

La bande-annonce :

2 commentaires

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