The Father

Alors que Chadwick Boseman était annoncé grand favori, c’est finalement Anthony Hopkins qui a remporté l’Oscar du meilleur acteur pour sa performance dans le premier film de Florian Zeller, The Father. Le long-métrage nous plonge dans la vie d’Anthony, un octogénaire qui vit dans l’appartement de sa fille. Alors qu’il se dit capable de vivre seul, Anthony commence à remarquer des choses étranges et à croire que sa fille lui cache la vérité.

The Father fait partie de ces films qu’on ne verra qu’une fois tant la séance est éprouvante. Il m’a beaucoup fait penser à Still Alice qui raconte l’histoire d’une patiente atteinte d’Alzheimer incarnée par Julianne Moore. Si aucune maladie n’est mentionnée dans The Father, Anthony commence effectivement à perdre la tête. Il n’a plus la notion du temps, confond des événements et ne reconnait parfois pas sa propre fille. Tout comme lui, le spectateur est alors entraîné dans une suite de scènes qui semblent confuses. Seuls quelques échanges entre sa fille et d’autres personnages nous permettent de comprendre la situation et nous éclairent sur l’état de santé d’Anthony. Le film arrive parfaitement à nous déstabiliser et en ce sens, c’est une vraie réussite.

Il faut dire qu’Anthony Hopkins est impeccable dans ce rôle et la finesse de son jeu rend le propos encore plus saisissant. Les moments où il commence à perdre pied font frissonner, tant on parvient à saisir petit à petit la peur dans son visage. Mais il n’est pas le seul à éblouir l’écran : Olivia Colman est également particulièrement touchante. Le reste des rôles principaux (Rufus Sewell, Mark Gatiss, Imogen Poots, Olivia Williams) sont aussi de très bons partenaires, même si leurs performances se font éclipser par celle d’Anthony Hopkins.

Il y a également le côté théâtral du film qui fonctionne plutôt bien : en effet, avant d’être porté sur grand écran, The Father était une pièce de théâtre (Le Père), déjà écrite et mise en scène par Florian Zeller. Pour le coup, j’aurais beaucoup aimé voir la version scénique et notamment comment le cinéaste français gérait les confusions temporelles et spatiales qui sont plus faciles à produire au cinéma. Il en ressort bien évidemment un côté très bavard au film dont les dialogues sonnent théâtraux. On pourrait lui reprocher de tourner parfois en rond : bien sûr, certaines répétitions sont clairement volontaires, mais peut-être qu’à la longue, d’autres auraient pu être évitées. Cela se ressent aussi dans la mise en scène de Zeller qui doit se contenter du décor quasi unique de l’appartement. Ce sont des petits détails qui n’affectent toutefois pas la qualité globale du long-métrage.

Une chose est sûre, The Father ne laisse pas indifférent et, en plus de confirmer qu’Anthony Hopkins est un monstre du cinéma, nous montre que Florian Zeller est un réalisateur prometteur et on a hâte de voir sa prochaine mise en scène (The Son, adapté lui aussi de sa pièce de théâtre, avec Hugh Jackman et Laura Dern).

+ : Anthony Hopkins

 : quelques répétitions

LA scène : la première où la confusion apparaît

  • Note : 4 / 5

La bande-annonce :

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