The French Dispatch

S’il y a bien un cinéaste qui sort des sentiers battus, c’est Wes Anderson. Le réalisateur américain n’a cessé de peaufiner son style au fil des productions et la dernière en date, The French Dispatch, ne fait pas exception. Personnellement, je dois avouer que je ne suis pas une grande adepte de ses films, bien que je ne les aie pas tous vus. Je reconnais en revanche la singularité et l’originalité de son cinéma qui a au moins le mérite d’être à l’opposé de ce qui se fait actuellement. Mais il faut dire qu’avec un casting aussi impressionnant qu’alléchant (coucou Timothée Chalamet), il était difficile de ne pas succomber à la tentation de découvrir son dernier projet. Même si la déception fut malheureusement au rendez-vous.

En même temps, The French Dispatch est un tel concentré de tout ce que Wes Anderson sait faire que si on n’adhère pas à son style, on risque de ne pas apprécier le long-métrage. Toutefois, ce n’est pas vraiment sa patte artistique qui pose problème, mais l’excès autour duquel le film est construit. Ce dernier raconte donc la vie de journalistes américains expatriés en France, dans le petit village d’Ennui-sur-Blasé. Après une présentation de certains collaborateurs du journal (The French Dispatch), ce sont trois histoires, basées sur des articles, qui prennent forme sous nos yeux : la première met en scène un marchand d’art qui veut promouvoir les talents de peintre d’un prisonnier, la deuxième montre une révolte estudiantine et la troisième évoque le kidnapping du fils d’un commissaire de police pendant un repas. Chaque histoire est racontée par l’un des journalistes, lui-même protagoniste du récit.

Mais l’ensemble manque d’homogénéité. Pas d’un point de vue stylistique car les trois histoires suivent les mêmes codes (mélange de récit en couleur et en noir et blanc, cadrages précis et linéaires, rythme ciselé, acteurs au centre de l’image, etc.), mais au niveau du propos. On a plus l’impression d’avoir trois courts-métrages en face de nous plutôt qu’un film à part entière. Et il faut dire qu’au bout d’un moment, les effets de style et les tics de Wes Anderson fatiguent, même si ses cadrages restent fascinants et si les acteurs (bien qu’ils soient trop nombreux) se fondent parfaitement dans le décor. Trop, c’est trop : on frôle presque la caricature.

Il faut donc espérer que Wes Anderson puisse continuer à nous présenter des projets aussi originaux et ambitieux, mais qu’il essaie de doser davantage ses effets et qu’il construise un récit plus fort.

+ : le casting

– : too much

LA scène : la conversation Frances McDormand – Lyna Khoudri – Timothée Chalamet

  • Note : 2 / 5

La bande-annonce :

4 commentaires

  1. Oh nooon, c’est pas la première critique peu enthousiaste que je lis sur le film et j’avoue que ça me refroidit un peu. Mais je suis très fan de l’univers de Wes Anderson donc je pense que je vais quand même lui laisser une chance 😉

    Aimé par 2 personnes

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