Spencer

Cinq ans après avoir dressé le portrait de Jackie Kennedy, le réalisateur chilien Pablo Larraín continue de s’intéresser à des figures féminines importantes de l’histoire en racontant trois journées de la vie de Diana Spencer. Librement inspiré de faits réels, le film imagine le Noël 1991 de la Princesse Diana, durant lequel elle aurait pris la décision de quitter définitivement son mari et la famille royale britannique. Pablo Larraín a choisi de confier le rôle-titre à Kristen Stewart, dont la performance lui a déjà permis de remporter quelques prix.

Avant même de me rendre dans les salles pour découvrir ce long-métrage, je savais déjà plus ou moins à quoi m’attendre. Les premières images laissaient entrevoir un film sensiblement dans les mêmes tons que Jackie, que je n’avais pas vraiment apprécié. Si je me suis moins ennuyée devant la vie de la Princesse de Galles, je dois avouer que le long-métrage ne m’a pourtant pas transportée. Il faut dire que j’avais encore en tête la performance subtile et mémorable d’Emma Corrin dans la saison 4 de The Crown. La série était parvenue en quelques épisodes à nous présenter le mal-être physique et psychique que pouvait ressentir Diana. En ce sens, le film de Pablo Larraín ne nous raconte rien de bien nouveau puisque l’étau continue de se resserrer autour de la princesse au point que cette dernière soit prête à accomplir l’irréparable. S’en suit alors un enchaînement de scènes ne servant qu’à illustrer cette prison dans laquelle se trouve l’épouse de Charles, laissant ainsi peu de répit aux spectateurs.

La forme n’aide pas non plus, puisque la musique omniprésente de Jonny Greenwood ne s’accorde pas toujours avec les images. Certes, cela renforce le malaise dont souffre Diana, mais elle n’apaise pas non plus le spectateur qui, durant presque deux heures, doit également subir le contexte anxiogène du film. L’exercice de style est toutefois moins poussé que dans Jackie, et même si les gros plans sur la moue boudeuse de Diana sont un peu trop nombreux, certaines images restent plutôt bien construites.   

Cependant, à l’inverse de The Crown qui était arrivée à donner de la force à Diana, tout en la rendant lumineuse, Spencer peine à nous faire éprouver de la sympathie pour le personnage. Personnellement, je pense que cela est entre autres dû au jeu assez maniéré de Kristen Stewart qui ne parvient pas à la rendre attachante. La ressemblance est parfois frappante, mais certaines intentions de jeu manquent clairement de finesse.  

Dans la continuité de Jackie, Spencer risque donc de diviser les spectateurs : certains y verront un portrait subtil, tandis que d’autres devront se contenter d’un long-métrage sans grande saveur.

+ : la transcription du malaise de Diana

 : la musique omniprésente

LA scène : le premier repas

  • Note : 2,25 / 5

La bande-annonce :

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