Deux Moi

Nouvelle réalisation de Cédric Klapisch, Deux Moi dresse le portrait croisé de deux âmes solitaires parisiennes, vivant dans des immeubles mitoyens. Rémy travaille dans un entrepôt, Mélanie est chercheuse dans un laboratoire. Tous les deux souffrent d’un mal-être qu’ils peinent à expliquer et subissent la solitude des grandes villes. Pourtant, sans le savoir, les routes de Rémy et Mélanie prendront petit à petit la même direction.

Si le synopsis laisse entrevoir les prémisses d’une comédie romantique, il n’en est pas vraiment question. Lorgnant plutôt du côté du drame (ou de la comédie dramatique), Deux Moi cherche surtout à questionner les effets de la solitude dans notre monde ultra connecté où les rencontres semblent aisées. Le début du long-métrage tient ses promesses et l’on apprécie les parallèles dressés entre les chemins de ces deux trentenaires. Mais rapidement, le concept commence à s’essouffler et si les personnages continuent de vivre leur histoire de leur côté, on rêverait de les voir interagir tant leur complémentarité parait évidente. Au lieu de cela, on reste cloisonné entre les deux récits symétriques, pendant lesquels les protagonistes essaient de comprendre le mal qui les ronge en discutant notamment avec leur psychothérapeute.

Les intrigues avancent alors lentement et ont tendance à tourner en rond, le tout sur près de deux heures. Il y a bien quelques scènes qui sortent du lot, en particulier lorsque les émotions sont à leur paroxysme, c’est-à-dire soit pendant les grands moments confessions, ou lorsque la comédie est mise en avant (comme dans la scène avec Pierre Niney). Mais l’ensemble reste un peu trop plat et il n’est pas rare que l’ennui point le bout de son nez.

Pourtant Klapisch nous montre de belles images qui jouent justement sur le côté symétrique de l’histoire. Il y a une certaine fluidité dans le mouvement des personnages qui se frôlent, sans jamais se rencontrer. Et surtout, le réalisateur a su choisir deux très bons acteurs qui sont les points forts du film. François Civil, dont c’est la quatrième apparition sur grand écran cette année, parvient toujours à jongler entre la comédie et le drame, tandis qu’Ana Girardot fait preuve d’une belle justesse. Il faut souligner aussi les sympathiques seconds rôles, en particulier Camille Cottin et François Berléand qui interprètent les psychothérapeutes, qui donnent du souffle à cette histoire.

Partant d’un concept intéressant, Deux Moi manque de tension et peine à convaincre véritablement alors qu’il peut compter sur son joli casting et sur une élégante mise en scène. Dommage !

 

+ : le concept… (et le casting)

 : … mais aussi le concept qui s’essouffle

LA scène : la dernière

  • Note : 2 / 5

 

La bande-annonce :

 

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