BlacKkKlansman

Blackkklansman retrace la folle aventure de Ron Stallworth, un policier afro-américain qui a décidé d’infiltrer le Ku Klux Klan dans les années 1970. Pour des raisons bien évidentes, il lui a fallu faire équipe avec un autre policier (blanc cette fois), afin que ce dernier puisse prendre sa place lors des face à face. A eux deux, ils ont tenté d’en apprendre davantage sur les méthodes et les actions du KKK, tout en essayant de maintenir leur identité cachée…

Film policier ? Comédie Noire ? Docu-fiction ? Difficile de placer ce BlacKkKlansman dans une catégorie cinématographique précise. Une chose est sûre, le nouveau film de Spike Lee est un véritable manifeste anti-Trump et on est surpris de voir à quel point le récit fait écho à l’actualité, malgré le fait que l’intrigue se situe dans les années 1970. La mention « basé sur des faits réels » étant présente au générique, on peut se demander si l’infiltration est aussi aisée qu’elle est montrée dans le film ou s’il ne s’agit que d’une pirouette scénaristique. Quoi qu’il en soit, la situation donne lieu à des scènes cocasses (les coups de téléphone) et d’autres plus effrayantes par leurs propos. Il manque néanmoins quelque chose pour en faire un long-métrage vraiment marquant. Est-il trop sage ? Trop éparpillé entre différents genres ? Pas évident de trouver une réponse, mais cela n’empêche en aucun cas le spectateur de suivre cette histoire avec un certain intérêt. Spike Lee soigne également l’aspect visuel en nous proposant une mise en scène léchée qui privilégie les cadrages élégants. En revanche, il est vrai que le film aurait peut-être mérité de passer sous les deux heures afin de renforcer son rythme, mais la progression de l’intrigue suit un chemin cohérent qui fonctionne totalement (prise de contact, rencontre, adhésion, etc.).

Pour finir, le film peut compter sur ses acteurs talentueux : grande révélation du film, John David Washington, fils de Denzel, incarne un Ron très détendu malgré la complexité de la situation. On se demande parfois comment le personnage parvient à garder son calme dans un contexte aussi injuste pour la minorité ethnique dont il fait partie. Face à lui se trouve un excellent Adam Driver (qu’on voit décidément partout ces temps !), toujours très à l’aise dans les scènes de comédie ou dans les moments plus dramatiques. N’oublions également pas de saluer les très bons acteurs qui doivent incarner les ordures du KKK, des rôles loin d’être évidents (Ryan Eggold, Jasper Pääkkönen, Topher Grace).

Résonnant énormément avec la situation actuelle des États-Unis, c’est presque avec une certaine logique que Spike Lee termine BlacKkKlansman avec des images des manifestations de Charlottesville qui font froid dans le dos. Dommage que le film ne soit pas aussi marquant.

 

: les acteurs

– : trop éparpillé entre plusieurs genres

LA scène : le dernier coup de téléphone

  • Note : 3,5 / 5

 

La bande-annonce :

 

4 commentaires

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