Un Peuple et Son Roi

La Révolution Française est un terrain de jeu fascinant pour les cinéastes : extrêmement riche et complexe, elle offre de nombreuses possibilités de récits à porter sur grand écran. Pierre Schoeller, le réalisateur de ce Un Peuple et Son Roi a jeté son dévolu sur les trois années qui ont suivi la prise de la Bastille, en se focalisant principalement sur le peuple et sur la naissance de l’Assemblée Nationale jusqu’à la mort du roi. Choix très ambitieux qui est loin d’être une franche réussite.

Il semble que Pierre Schoeller ne soit pas parvenu à déterminer le genre de film qu’il souhaitait faire : est-ce un documentaire ? un docu-fiction ? un film d’art et d’essai ? Une chose est sûre, si le réalisateur avait opté pour une fiction, il en a oublié les bases, à commencer par un scénario structuré et par des personnages développés. Il se contente en effet de juxtaposer les scènes qui n’ont parfois pas de rapport entre elles et qui ne constituent qu’une illustration d’un événement ou d’une thématique de cette Révolution. Les trop nombreux personnages ne sont guère exploités et ne nous procurent aucune émotion (mention spéciale à l’histoire d’amour entre Adèle Haenel et Gaspard Ulliel). Pire, la présence d’une voix-off ainsi que des cartons nous font plus penser à un documentaire qu’à un film historique.

Certes, les (trop) nombreux débats de l’Assemblée sont intéressants, mais comme les textes originaux ont été conservés, ils ne sont pas toujours faciles d’accès (à moins d’être incollable sur les débuts compliqués de la République, et encore, puisque les personnages qui s’expriment ne sont pas introduits ou développés). Ces scènes auraient été plus utiles dans un docu-fiction pour illustrer un aspect spécifique de la progression du débat. Même le roi, incarné par un Laurent Lafitte plus prétentieux que royal, n’apparait qu’une dizaine de minutes à l’écran, rendant le rôle totalement anecdotique (surtout qu’on connaît tous la fin). Quant au peuple, il n’est formé que de personnages figurants, inutiles au récit et pas toujours très bien interprétés (le rôle de Gaspard Ulliel est spécialement mal écrit).

Heureusement que les costumes et la photographie naturelle sont particulièrement soignés, et que la mise en scène est correcte (quoique parfois étouffante). Les transitions auraient en revanche mérité d’être plus travaillées car certaines sont très brusques et peu esthétiques. Sans parler du problème qu’on trouve souvent dans les long-métrages français : les acteurs qui n’articulent pas ou qu’on ne comprend pas.

Malgré un sujet plus que fascinant, Un Peuple et Son Roi est au final un film beaucoup trop élitiste (et c’est une historienne qui parle) qui manque véritablement d’émotion pour captiver, en plus de mélanger différents genres cinématographiques. On oublie !

 

+ : les costumes (et quelques discours)

– : le manque d’émotion et le mélange des genres

LA scène : le jugement du roi

  • Note : 1 / 5

 

La bande-annonce :

 

 

4 commentaires

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